Eau potable / Développement

100 puits enfin pour étancher la soif des Léoganais

Hôpital Ste Croix

Grâce à  un partenariat entre l’Hôpital Ste Croix de Léogane, le Rotary Club International et la Living Water (Texas, Etats-Unis d’Amérique), la commune de Léogane a pu bénéficier d’un projet de réhabilitation de 100 puits sur un total de 182 perforés par l’UNCEF en 1983. Environ 99 des puits concernés par le projet ont été réhabilités entre 2004 et 2009, à l’initiative de l’Hôpital Ste Croix. La réhabilitation prochaine du 100e marquera la fin heureuse de cette activité.

A l’initiative de l’Hôpital Ste Croix de Léogane, une équipe de 5 membres a été formée pour la réalisation de travaux de réhabilitation au niveau de 100 puits dans ladite commune, usagés comme tant d’autres. Cette équipe composée  de Jack  Vaughn (un Américain venant de Dallas / Texas, notamment de l’Eglise Episcopale St Michel), d’Albert Point-du-Jour, un employé de l’Hôpital Ste Croix et de 3 autres personnes, avait à sa disposition un lot d’équipements fournis par le Rotary Club International, nécessaires à la réalisation du projet.

Les 182 puits, 20 ans après

Selon le technicien Albert Point-du-Jour, la gestion des 182 puits a été confiée à l’Hôpital Ste Croix. Après les avoir perforés en 1983, l’UNICEF avait confié un stock aux dirigeants de ce centre hospitalier, afin d’en garantir la maintenance et la bonne marche. « De retour dans la commune 20 ans après, l’UNICEF a été surpris de voir que les puits étaient toujours en marche, même si le stock nécessaire à leur réhabilitation était complètement épuisé », soutient M. Point-du-Jour.

C’est alors que le partenariat entre ces 3 entités (Hôpital Ste Croix, Living Water et Rotary Club International) a permis la réhabilitation de ceux-ci dont les pièces étaient encore disponibles, souligne Albert Point-du-Jour.

En quoi consistent ces travaux de réhabilitation ?

Ils consistent à remplacer les tuyaux de fer par du PVC, afin d’éliminer la rouille dont se recouvre ce métal, selon le technicien. Il explique, plus loin, que l’UNICEF, en confiant en 1983 la gestion des puits à l’Hôpital Ste Croix, lui avait remis un container de petites pièces et mis à sa disposition 3 réparateurs responsables de leur maintenance.

Ces gens- là sont stables dans la commune de Léogane et ont chacun  la garde d’une quantité de puits. « Ces réparateurs sont nos collaborateurs immédiats. Etant sur le terrain, ils nous indiquent les puits dont la réhabilitation est nécessaire », ajoute-t-il.

Réhabilitation « totale » ou simple réparation ?

Certains puits réclament une réhabilitation « totale ». Cette opération consiste à enlever tout l’ancien système (l’ancienne pompe) et le remplacer par un nouveau. Mais avant, il convient de vérifier le niveau statique de l’eau et la profondeur du puits en question. Dès qu’il est arrêté  que le puits contient la quantité d’eau nécessaire à alimenter la population, on y verse un gallon de clorox pour y refaire la sanitation, explique Albert Point-du-Jour.

            S’agissant d’une simple réparation, il est plutôt question de remplacer une pièce en panne : une tige, un tuyau, une chaîne brisée, etc. « A ce moment, nous le faisons gratuitement. C’est un don à la population. L’Hôpital Ste Croix et l’équipe coordonnatrice ne réclament pas de l’argent pour le travail fourni. Et s’il est établi qu’un membre de l’équipe aurait agi autrement, il sera contraint de remettre cet argent », prévient le technicien.

            Toutefois, en dehors de ces travaux, pour une éventuelle panne, les habitants de la zone peuvent toujours solliciter l’intervention d’un technicien en lui rendant ce qui lui est du.

La seule exigence faite à la population de Léogane

En remettant à la population un puits réhabilité, les responsables de l’Hôpital Ste Croix de Léogane ne font qu’une exigence : un membre de la communauté bénéficiaire doit obligatoirement invoquer le nom du Seigneur Jésus au nom duquel ces travaux sont effectués. Naturellement, la responsabilité individuelle quant à la gestion de ces puits est indiscutable.  
 
Pourquoi se soucier tant de la qualité de l’eau consommée à Léogane ?

Jack Vaughn rappelle que l’eau est indispensable à la vie. « Si l’eau potable était disponible en Haïti, les gens seraient moins malades et seraient en meilleure santé », constate-t-il. Il poursuit en disant que si les puits tombés en panne dans les villages étaient réparés, les familles (femmes et enfants) ne dépenseraient pas toute cette énergie pour aller puiser de l’eau dans des endroits éloignés de leurs maisons.

            Jack Vaughn constate, enfin, non sans peine, que beaucoup d’enfants qui pourraient être très productifs pour le pays, sont malades. Aux heures de classe, ils se trouvent tristement à des postes de rassemblement en quête de soins de santé. La mauvaise qualité de l’eau qu’ils consomment y est pour beaucoup, conclut-il.

D’où vient l’idée de ces travaux de réhabilitation à Léogane ?

Jack Vaughn fréquente Haïti depuis 2000. Il a été invité par l’Eglise Episcopale de Dallas (Texas) dans le cadre de l’organisation de cliniques mobiles. Il a rencontré en ce sens le médecin Mitch Mutter. Il était fasciné par le travail des médecins à Léogane et apprenait beaucoup de l’Hôpital Ste Croix.

            Cependant, il était surpris de voir comment la malnutrition faisait rage dans la communauté. Dans chaque village visité dans le cadre des cliniques mobiles, il observait fidèlement les puits qu’il voyait et posait des questions. Il apprit que nombre d’entre eux  étaient tombés en panne depuis plusieurs années. C’était, peut-être, selon Vaughn, son meilleur domaine d’intervention, n’étant pas lui-même médecin.

            Après sa 5e tournée en Haïti (les cliniques mobiles se faisaient chaque année), Jack Vaughn commença à effectuer des recherches sur l’eau potable, le fonctionnement des puits. A travers l’Internet, il s’informait des organisations qui s’intéressent à la question de l’eau.

            La surprise fut grande. Dans l’Etat de Texas dont il est issu, il a découvert la Living Water qui lui a octroyé un stage de 2 semaines sur le fonctionnement des puits. Notons que toute la philosophie de cette organisation chrétienne se trouve dans Jean 4 : 13-15.

            De retour en Haïti (Hôpital Ste Croix de Léogane), il a mené une enquête au sujet des puits usagés, tombés en panne dans la commune. Le chiffre officiel était 40. Il informait Living Water de la situation, et elle envoyait avec lui 2 de ses membres pour la réhabilitation de 2 des 40 puits recensés.

            Après le départ des 2 membres de l’organisation de Texas, Jack Vaughn commençait à voyager seul en Haïti pour continuer le travail qui le préoccupait tant. C’est à ce moment qu’il rencontra Albert Point-du-Jour et les autres collègues. Ce qui a engendré la dynamique équipe qu’ils forment depuis. Cela a entraîné aussi la réhabilitation de ces 100 puits dont la majeure partie allait être recensée par la suite par les réparateurs dont parlait Albert  Point-du-Jour.
 
Les responsables de l’Hôpital Ste Croix s’apprêtent à célébrer grandiosement la réhabilitation de ces 100 puits dans la commune de Léogane. Tout de suite après, dans le cadre du même projet, ils entameront ces mêmes travaux de réhabilitation au niveau de 100 autres puits.

Signalons également qu’un projet du même type est en cours d’exécution dans la ville des Cayes.