Selon le voeu d’Henry Christophe, roi du Nord d’Haïti de 1807 à 1820, Haïti devait avoir pour Convention Officielle d’Etat, l’Eglise Anglicane. Suite à sa campagne pour l’éducation et l’abolition des vestiges de  l’impérialisme français ; Christophe essaya d’introduire la langue anglaise dans sa cour, les méthodes  d’éducation anglaise et la religion anglicane qu’il considéra comme la plus sublime, comme il l’exprima dans sa
Correspondance du 16 novembre 1816 avec William Wilberforce, abolitionniste anglais : “…Je leur (nos concitoyens) ai toujours fait sentir la nécessité d’embrasser la Religion Anglicane, comme la plus sublime.” (English Prayer Book, instruction publique en Haïti). Henry Christophe se suicida en 1820 et le projet d’introduire l’Anglicanisme dans son royaume s’estompa du meme coup avec la réunification d’Haïti sous la présidence de Boyer.
 En 1855, un jeune diacre de l’Eglise Episcopale des Etats-Unis du nom de James Théodore Holly fit un voyage en vue d’étudier la possibilité d’émigration des Américains noirs en Haïti suite à une guerre civile déclenchée aux Etats-Unis. Ce fut son premier voyage dans l’Ile.

Le 26 mai 1861
Plus tard on rencontre le mem personnage en Haiti en 1861. Cette fois-ci l’objectif changea: le Père James Théodore Holly débarqua en Haïti avec 110 émigrants pour y installer une mission de l’Eglise Episcopale dont il devait être le chef. La mission s’établit à Drouillard à 300 mètres de Port-au-Prince sur l’habitation du président Geffrard Fabre dont la résidence privée leur servait de lieu de culte. Au cours de ce séjour, une terrible épidémie de malaria et de typhoïde s’abat sur la zone et emporta 43 des 110 émigrants; les rescapés retournèrent aux Etats-Unis à l’exception d’une vingtaine y compris Holly qui restèrent dans le pays pour poursuivre la mission d’instaurer l’Eglise. Holly était muni pour cette mission de lettres de créances signées par l’Evêque du Connecticut qui l’accréditait auprès du gouvernement haïtien dont il avait reçu aussi l’invitation.
En 1862, Holly rentra aux Etats-Unis d’Amérique pour présenter à la Société Missionnaire un rapport de ses activités en Haïti.
En 1863, le 4 janvier précisément  il organisa à Port-au-Prince le premier service qui se tient au hall du commerçant noir américain nommé John Herpsurn. Le 25 mai de la meme année, jour de la Pentecôte, fut établie
à Port-au-Prince la Paroisse de la “Sainte Trinité” et c’était le premier  pas vers la reconnaissance par l’Eglise Episcopale des Etats-Unis. Car en Novembre de cette même année, Mgr Alfred Lee, de Delaware reçut une délégation du Primat, Mgr Browel visita l’île : 36 personnes reçurent le sacrement de Confirmation. La mission gagna du terrain et atteignit les provinces. Ainsi à Cabaret  fut erigé “ Bon Berger,” “ Saint-Esprit au Cap-Haïtien” “Saint Laurent” aux Cayes et ainsi de suite. 1866 est une année fut remplie d’évènements importants dans la vie de l’Eglise. Tout d’abord c’est la 2ème visite épiscopale, à laquelle prirent part deux évêques anglicans : Arthur Coxe, Evêque de New York et Georges Burges, Evêque de Maine. Malheureusement ce dernier mourut dans son bateau pendant qu’il quitta Miragoâne. A l’occasion de cette visite dix diacres et un prêtre furent ordonnés et quatre vingt personnes confirmées. Ensuite ce fut l’année de l’organisation de la première Convocation (Synode) de l’Eglise d’Haïti avec la participation des missions suscitées. Enfin troisième grand fait historique de cette année, marque l’émergence d’un clergé indigène. Un diacre Julien Alexandre et un prêtre Saint Louis Denis Beauduy reçurent le sacrement de l’Ordre, tous deux Haïtiens d’origine. Ce fut un sujet de légitime fierté pour l’Eglise mère, qu’une Eglise commence avec des prêtres indigènes, a déclaré Mgr Carson (un message à la convocation de 1924).
Le 8 juin 1866 avait eu lieu la 3ème Convocation (synode) de l’Eglise d’Haïti. En cette même année à Bel-Air, Port-au-Prince, l’Eglise fut disparue dans le feu provoqué par Sylvain Salnave. Du 18 Novembre au 19 décembre, de cette même année, Port-au-Prince fut bombardée, Holly dut s’enfuir dans les mornes avec sa famille. Eglise, école et maison consumèrent dans le feu.
Le 7 juin 1867, l’église se rassembla pour voter les règlements canoniques provisoires de l’église d’Haïti. 11
Novembre à Anse à Veau, naquit une nouvelle Eglise : “Le Rédempteur” sous la supervision de Jean Elizé Salomon, prédicateur méthodiste.
30 mai 1870, des candidats aux ordres sacrés quittèrent Haïti pour les Etats-Unis en vue d’approfondir leur formation théologique. C’est ce 30 Mai 1870 que fut tenue à Port-au-Prince la deuxième convention (synode) de l’Eglise Orthodoxe Apostolique d ‘Haïti. (Haïtienne). Dans les rapports on donna lecture d’une lettre de Lambeth reconnaissant l’église Orthodoxe Apostolique Haïtienne comme une Eglise soeur de la communion anglicane, et du meme coup invita Holly à participer à la Conférence de Lambeth.
1871, le 7 juin l’Eglise fut convoquée et on prit la décision de demander à la Convention Générale de l’Eglise Episcopale des Etats-Unis de choisir un Evêque pour Haïti.
4 octobre 1871, Holly se rendit à Philadelphie où il visita les séminaristes: Charles E. Benedict et Pierre Emeri Jones.9 octobre de la même année la Convention Générale reçut la demande d’Haïti pour le choix d’un Evêque missionnaire.
12 octobre 1871, la chambre des Evêques confia le dossier au comité de “l’Eglise Missionnaire”. Et, en réponse, Arthur Coxe (évêque de N.Y) fut chargé de la Mission de l’Eglise d’Haïti, et un rapport sur la situation de cette Eglise.
22 novembre, 1872 : Mgr Coxe arriva en Haïti où il passa six semaines au cours desquelles il fit beaucoup de choses. Le 22 novembre 1872 Mgr Arhur Clevand Coxe de New York fut de nouveau envoyé en Haïti pour une visite épiscopale, la troisième de ce genre. Il a reçu 53 personnes confirmées, 6 diacres ordonnés, et 5 prêtres, consacra la nouvelle Eglise de la Sainte Trinité à Port-au-Prince, qui fut détruite pour une troisième fois par le feu 1873. Le 8 janvier 1873, Mgr Coxe quitta Haïti pour les U.S.A où il fit le rapport de sa mission. En cette année l’église: “La Sainte Trinité” disparu pour la seconde fois dans une incendie. Holly perdit sa bibliothèque riche d’ouvrages de théologie en langue française.
7 novembre 1873, Fondation de la paroisse St Luc à Jérémie.
10 mars 1874, Fondation de la Paroisse Résurrection à Gros-Morne (Gonaïves) qui fut pendant longtemps déjà une mission. 12 juillet 8ème Synode de l’Eglise Episcopale d’Haïti tenu à Port-au-Prince où il choisit Holly comme premier Evêque d’Haïti. Huit paroisses furent représentées : Sainte Trinité (Port-au-Prince) (1863); Rédempteur Anse-à-Veau (1873); St Paul Torbeck (1874); Bonne Nouvelle Cabaret, Quatre à Léogane (1866); Résurrection Gros-Morne Gonaïves (1874); St André et St Luc Jérémie (1878). Coxe, après sa deuxième visite en Haïti, troisième visite épiscopale, présenta son rapport à la Convention Générale sur l’église d’Haïti et jugea que la mission de l’église d’Haïti s’accomplirait mieux si elle avait à sa tête un Evêque haïtien.
Octobre 1874, confirmation du R.P. Holly comme 1er Evêque d’Haïti. Le 30 novembre signature d’un accord d’harmonie entre l’Eglise Orthodoxe Apostolique haïtienne et l’Eglise Episcopale des U.S.A. Enfin, le 8 novembre de la même année le père Holly fut consacré évêque, comme premier Nègre dans la succession américaine et deuxième dans la communion anglicane. La cérémonie consecratoire eut lieu à Grace Church  (New York) présidée par Benjamin Bosworth Smith assisté de 8 autres Evêques.
En 1875, la liste de la convention de l’église épiscopale- haïtienne accusa un Evêque, 10 prêtres, 4 diacres, 1000 baptisés, 250 communiants, 18 missions.  Mercredi 15 mai 1875 l’église fut convoquée en vue de la ratification de la convention ecclésiastique signée entre l’église Orthodoxe Apostolique haïtienne et l’église épiscopale des U.S.A. Il faut se rappeler que l’Eglise Episcopale d’Haïti, auparavant était une Eglise
Indépendante, autonome.
1876, Ouverture d’un Séminaire de théologie à Port-au-Prince. Trois prêtres haïtiens : Pierre Jones, Charles Benedict qui avait étudié à Philadelphie et Tama Delatour, comme enseignants.
8 mars 1876, Tama Delatour fut deposé par Mgr Holly.
Juin 1876, Mgr Holly ordonna deux nouveaux prêtres : Duplessis Lean et Alexandre Baptiste.
25 juillet 1878, grande première dans l’histoire, Mgr Holly, un Nègre, à Lambeth eut à preacher à West minister ABBEY-Londres.
1880, Décès du père Julien Alexandre.
1881, Ordination diaconale de Théodore Faustin Holly fils de Mgr Holly, ordination sacerdotale de Chadraque Kar un afro-américain, ouverture d’une Ecole normale à Port-au-Prince.
1882, Décès du Père Charles Océan Myrthil, Curé de Gros-Morne.
1884, Ouverture d’une Ferme Ecole à Diquini; Ordination au Diaconat de Frédéric Mercie un jamaïcain et de  Théodore Faustin Holly au presbytérat à Caroline du Sud. Pour ordination et confirmation;
1886, Ordination au Diaconat et de Isaac Chery Cardiche.
4 juillet 1888, l’Eglise Sainte Trinité est consumée une fois encore dans le feu.
5 janvier 1891, Ordination au diaconale de Alexandre Fayot un ébéniste et professeur d’Ecole. 11 août fut posé la première Pierre pour la reconstruction de la Cathédrale Sainte Trinité. Au cours de cette année Jean J. Constant et Isaac Chery Cardiche reçurent l’ordination sacerdotale presbytérale.
1892, Décès du père Saint Louis Denis Beauduy; 26 novembre de la meme année décès du père Frédéric Mercier, responsable de la Mission du Bel-air.
2 avril 1895, Les Pères Daniel et Yacinthe Michel ouvrirent la mission de Saint Pierre à Mirebalais. 3 avril fut posée la première pierre de l’église Saint Sauveur à Lascahobas.
21 avril 1895, décès du père François Brown à l’Acul, Gros-Morne et il fut remplacé par le père Ulysse Bastien, un juge.
1898, En avril, s’ouvrit à Pétion Ville la mission Saint Esprit. En cette meme année, suite à un process  ecclésiastique, les portes de l’église à Jérémie furent fermées.
En 1900, commencement du 20ème siècle il y eut donc un Evêque épiscopalien anglican haïtien : Holly fut naturalisé avant son accession à l’épiscopat.
1900, Réouverture du Séminaire Théologique à Port-au-Prince. En cette même année, Léon Jones et Louis Ledoux Paraison reçurent leur diaconat.
En 1900 il y eut un Evêque, treize prêtres desservant 22 Paroisses et Missions organisées, 2 candidats et 3 postulants aux saints ordres, 20 lecteurs laïcs, 554 membres communiants (in Church Almanach, living Church Annual).
1902, Mgr Holly voyagea pour les U.S.A pour participer à la Convention Générale.
1903, Décès du père Théodore Faustin Holly, fils de Mgr Holly son bras droit, alors que celui-ci s’avança en âge.
1905, Ouverture d’un second Séminaire de Théologie aux Cayes sous la direction du père Charles Benedict, autorisé par Mgr Holly, avec le meme programme que celui de Port-au-Prince.
23 mai 1905, décès du père Isaac Chery Chardiche, curé de Gros-Morne.
27 septembre, 1906, Ordination sacerdotale de Léon Félix Jones et de Louis Ledoux Paraison; Vilvalex Coulange, de son côté, fut ordonné diacre.
1908, Dimanche 5 juillet la Cathédrale Sainte Trinité a disparu pour la cinquième fois dans un incendie à Port-au-Prince qui dura cinq jours. 7 juin de le même année ordination au diaconat de Alexandre Pétion Nicolas, et de Emmanuel Georges Benedict à Philadelphie.
1er septembre 1909, 2 nouveaux diacres furent ordonnés et le 15 septembre deux nouveaux prêtres furent ordonnés aussi. Georges Emmanuel Benedict et Vilvalex Coulange. Ce sont les dernières ordinations célébrées par Mgr Holly.
26 mai 1910, prélude au 50ème anniversaire de l’arrivée de Holly en Haïti.
13 mars 1911, Holly décéda dans son lit à l’âge de 82 ans. Les funérailles eurent lieu le 15 mars à l’évêché en présence de 11 prêtres. Charles E. Benedict prononça le sermon de circonstance avec les paroles de 2 Tim. 4 : 7. A la mort de Holly il y avait 14 prêtres, 2 diacres ; 11 lecteurs laïques, 14 candidats aux Ordres sacrés, un postulant, 2000 membres baptisés, 650 communiants, 26 Missions plusieurs stations, 9 écoles d’agricultures et un Séminaire de Théologie.
1913, Le clergé haïtien adressa une requête à la convention générale pour que l'église Orthodoxe Apostolique haïtienne devienne un district missionnaire de l'Eglise Episcopale des Etats-Unis. La convention approuva cette demande devenant l'Eglise Episcopale d'Haïti c'est-à-dire une province de l'église des Etats- Unis, depuis lors l'indépendance est compromise.
1913-1923, dix années de confusion et de désorganisation pendant lesquelles plusieurs Evêques visitèrent le Diocèse, tels les Evêques de Panama, de Cuba et de Porto Rico.
1923, dans cette conjoncture de troubles, d’aller- retour l’église Episcopale des U.S.A s’est vue dans ’obligation de consacrer un Evêque propre à l’église d’Haïti qui est devenu un district de l’Eglise Episcopale. Harry Roberts Carson, archidiacre du canal de Panama, fut consacré premier Evêque missionnaire d’Haïti à la Cathédrale St John the Devine à New York le 20 janvier. Il est devenu le deuxième Evêque d’Haïti. Il eut pour tâche la réorganisation et la consolidation de cette jeune Eglise.
1924, Les premières réalisations de l’Evêque Carson : 1. Réouverture du Séminaire Théologique 2. Reconstruction de la Cathédrale Sainte Trinité les travaux commencèrent de Boston USA.
1927, à l’invitation de l’Evêque Carson, 4 Soeurs du Couvent Ste Marguerite arrivèrent en Haïti pour apporter leurs concours à l’éducation chrétienne. Elles travaillèrent à la promotion féminine, et à l’administration de l’Ecole Sainte Trinité, fondée en 1913 pour les “ jeunes filles pauvres de la paroisse”.
1939-1942, Spence Burton arriva comme Evêque suffragant d’Haïti.
1943, Mgr Carson prit sa retraite après 20 ans d’épiscopat. Durant son épiscopat dans le diocèse d’Haïti, il  arriva à implanter d’autres Missions dans les provinces et leurs environs; des constructions furent aussi réalisées. On a dénombré 23.000 baptisés, 9220 membres communiants, 6 Missions, 12 écoles primaires, 18 prêtres  haïtiens et 82 lecteurs laïques.
1943, le 16 décembre fut consacré un nouvel Evêque pour Haïti, Charles Alfred Voegeli deuxième Evêque missionnaire et troisième Evêque de la succession haïtienne. La consécration eut lieu à Saint Peter’s Church Marristown New Jersey.
1945, ouverture de l’Ecole Saint Vincent munie d ‘une pension pour enfants handicapés. L’unique de ce genre dans le pays. Elle était administrée par les soeurs Sainte Marguerite. Aujourd’hui elle est administrée par un prètre du Diocèse.
Le 16 janvier 1947, l’Eglise est reconnue d’utilité publique par le gouvernement du président Dumarsais Estimé.
Juin 1948, Décès de Mgr Carson.
1949, Transfert du Séminaire de Théologie de Port-au-Prince à Montrouis. L’année 1949 rappela le Bicentenaire de la Ville de Port-au-Prince. A cette occasion sont entrepris les travaux de fresques de la Cathédrale Sainte Trinité par le peintre Nail comme contribution à la commémoration de cette grande date.
1956, Ouverture du Collège Saint Père Pierre à Port-au-Prince, première Ecole Secondaire de l’Eglise Episcopale d’Haïti. Première institution secondaire de l’église non Catholique romaine du pays.
21-25 mai 1961, Grande Célébration du Centenaire de l’Eglise Episcopale d’Haïti. A cette date l’Eglise Episcopale comptait 34.000 baptisés dont 13000 membres communiants, 76 Missions, 94 stations, 24 prêtres et 136 lecteurs laïques, ajoutés à 64 écoles dans les provinces et les zones rurales, 3 à Portau-Prince, un Séminaire de Théologie et 3 cliniques médicales.
1961, Le Séminaire de Théologie de Monthrouis fut transféré à Porto-Rico. Séminaire Générale de l’Eglise Episcopale pour la Caraïbe et l’Amérique, fut utilisé pour la formation des leaders laïques.
1962, Création d’une Maison (Foyer Notre Dame) pour les vieilles dames des paroisses du Diocèse. Création et inauguration du Musée d’Art Haïtien du College Saint Pierre. Construction d’une Ecole primaire à l’Ile de la Gonâve, Anse à Galet.
1963, Inauguration d’une nouvelle Eglise à Pétion Ville, Saint Jacques le Juste. Et transfert du Bureau Diocésain à Pétion -Ville, adjacente à l’église Saint Jacques Le Juste.
1964, Mgr Voegeli est expulsé d’Haïti par le gouvernement de François Duvalier.
1964-1971, une autre période de confusion fut créee dans l’Eglise Episcopale d’Haïti. Pendant ce temps la supervision du diocèse fut assurée par des Evêques de la Floride du Sud, à tour de rôle. Pendant ce temps l’Eglise poursuit sa route normale sous la direction de son Evêque Sur place en Haïti, fut formé un comité exécutif pour liquider les affaires courantes ayant à sa tête Père Gérald L. Carnes ; Rev Père Luc Garnier était le doyen de la Cathédrale avant de succéder à Gérald L. Carnes comme secrétaire exécutif, et plus tard Evêque.  Après son exil, Voegeli était toujours actif comme Evêque missionnaire d’Haïti parce qu’il n’avait pas encore atteint l’âge de la retraite. De 64-71 il pontifiait de l’extérieur, au nom d’Haïti en se faisant représenter par l’Evêque de la Caroline du Sud pour ordination et confirmation.


Mgr Jacques Théodore Holly 1er Evêque de l'Eglise Episcopale d'Haïti dans le Calendrier des Fêtes Mineures

Jacques Théodore Holly, naquit à Washington, la capitale des Etats-Unis de l’Amérique du Nord, le 3 octobre 1829.  Il y passa son enfance jusqu’à l’âge de 15 ans. La première école enfantine qu’il fréquenta, à l’âge de cinq ans, était dirigée par l’une de ses soeurs aînées. A l’âge de sept ans, ses parents le placèrent dans une autre école. Deux ans plus tard, il fut inscrit comme élève dans une troisième école. Le grand-père de Jacques Théodore Ruben Holly avait pris subitement en 177, la résolution d’abandonner son ancienne résidence dans le comité de Sainte Marie, dans l’état de Maryland. Il vint s’établir à Washington où il prit part comme ouvrier-maçon aux travaux de construction du Capitole américain qu’on édifiait alors. Son fils Jacques Overton, père de Jacques Théodore, était âgé de 13 ans. Tous les grands-parents de ce dernier étant indistinctement catholique romain. Le Révérend Félix Varela fut à son tour élevé dans cette église. Ses parents aussi bien que les autres membres de la famille fréquentaient l’église «Sainte Trinité» du village de Georgetown, située non loin de leur résidence à la 26ème rue, section Ouest de Washington. Jacques Théodore Holly fut baptisé, confirmé et fit sa première communion dans cette Eglise. En 1844 à l’âge de 15 ans son père Jacques Overton se transporta à Brooklyn dans l’Etat de New York et y établi sa demeure. Là, encore Jacques Théodore poursuivit, durant plusieurs années ses dévotions dans la foi catholique romaine. «La première Bible, version Douay lui fut donnée en cadeau par un prêtre catholique romain, le Rév. Félix Varela, Curé de l’Eglise Romaine qui desservait cette Eglise. «La Transfiguration située à la rue Chambers, de la ville de New York. On prétendit meme que ce prêtre d’origine espagnole, fut un proche parent de sa Majesté très Catholique. La reine Isabelle d’Espagne. Ce Curé nourrissait l’ambition d’envoyer le jeune Holly à Rome étudier la Théologie, vu que sa vocation, pour les Saints ministères était nettement évidente. Cependant pour des raisons Son Excellence Mgr Jacques Théodore Holly personnelles (le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point). Jacques Théodore se détache complètement de l’église romaine à l’âge de 15 ans; et deux ans après il devenait épiscopalien à Detroit, dans l’Etat de Michigan. Peu après il fut admis, comme candidat aux Ordres Sacrés. Le 17 juin 1855, c’est à dire deux ans plus tard il fut ordonné diacre, par l’Evêque Mgr COSKRY en l’église «Saint Paul». A la date du 1er juillet suivant, il se mit en route pour la ville de New York, muni d’une lettre qu’il parvint à obtenir de l’Evêque après des demandes réitérées et par laquelle celui-ci le recommandait comme missionnaire en Haïti. Feu l’Evêque BEDELL, alors prêtre et membre du Comité pour l’Extension de l’Eglise Chrétienne en pays d’outre mer, «consentit avec une extrême indulgence, à soumettre sa requête à l’attention et à l’approbation de ses collègues du sus-dit Comité. Comme conséquence, il en résulta que le Diacre Jacques Théodore Holly reçut sa commission du comité qui l’autorisa à voyager à destination d’Haïti pour y recueillir toutes les informations possibles aux fins de pouvoir en déduire les chances de réussite possible d’une mission religieuse à y établir. A la date du 11 juillet c’est a dire 10 jours après son arrivée à New York, il prit passage à bord d’un bateau à voile, en exécution de sa mission, et le 31 du même mois de l’année 1855 il débarqua à Port-au-Prince, et foula, pour la première fois, le sol d’Haïti. Il y passa tout le mois d’août et s’y mis à la recherche des renseignements indispensables à la mise en oeuvre de son projet. Dans l’intervalle il a prêché dans les chapelles Méthodistes et Baptiste de cette ville. Au cours du mois de septembre suivant, il retourna à New York, et fit son rapport au Comité. Il fit des promesses et tint haut l’espérance d’être nommé Missionnaire dans l’île d’Haïti, dès que les fonds mis à sa  disponibilité de lui permettaient. Au cours du sermon triennial prêché par l’Evêque Bedell en 1859 dans la ville de Richemond de l’Etat de Virginie, en présence du «Conseil » d’administration des Missions locales et étrangères, mention fut faite d’Haïti qui a été signalée comme étant l’un des champs qui réclament l’attention de l’église.  Entre temps, le Rév. Holly dut accepter le rectorat de l’église Saint Luc de la Ville de New Haven, de l’Etat de Connecticut où il fut avancé à la prêtrise par l’Evêque Williams, alors Evêque Coadjuteur de ce diocèse, le 2 janvier 1856. Le 1er mai 1861 le Rév Holly cette foisci comme prêtre parti de New Haven, entreprit son  second voyage en Haïti, à la tête d’une compagnie de cent dix personnes, composée exclusivement de fidèles dont il fut le recteur et qui émigrèrent  avec lui vers Haïti, en réponse à une invitation à cet effet, adressée aux Nègres des Etats-Unis par le president Geffrard. Le comité pour la foundation des missions étrangères, n’avait reçu jusqu’ici aucune facilite pécuniaire pouvant lui permettre de s’occuper d’Haïti. Toutefois, faisant droits aux pressantes démarches du Rév Holly, l’Evêque de l’Etat de Connecticut donna son approbation au départ de celui-ci en qualité de Missionnaire et lui délivra, en outre, des lettres d’introduction et de recommandation, adressées au président de la République à défaut et en l’absence de tout Evêque de sa communion religieuse résidant dans l’Ile. Le premier acte religieux du Rév Holly, deux jours après son arrivée à Portau- Prince, le 25 mai fut l’Administration du sacrement du baptême à son sixième et dernier enfant, du premier lit qui naquit en pleine mer. Le baptême eut lieu au Palais National, sur la demande  du président et de Mme Geffrard qui s’offrirent spontanément comme parrain et marraine du nouveau-né qu’ils nommèrent Joseph Geffrard Holly. Si le Président Geffrard y mettait tant de sollicitude, c’est parce que ce groupe d’émigrants, dont le Rév. Holly était le pasteur, jouissait d’un privilège spécial. Il devait s’établir sur l’habitation rurale du président, située à  Drouillard dans une banlieue de la Capitale. La grande et vaste salle de la residence du Président sur cette  habitation, fut mise avec une extrême bienveillance à la disposition du Rév. Holly, pour y célébrer les offices divins. Ce retour miraculeux est rendu possible plutôt par les fonds haïtiens que par ceux de l’Eglise Américaine. Après six années d’attente vaine, son rêve s’était réalisé! Il lui restait à accomplir l’acte le plus important, s’il en fut de sa vie. En effet, débarqué à Port-au-Prince le 21 mai 1861, vingt jours après, c’est à dire à la date du 13 juin suivant, il se rendit d’un coeur débordant de joie et fier, en tout hâte, au devant du juge de Paix de la Section  nord de la Capitale, pour prêter entre ses mains le serment qu’il renonce à toute autre patrie pour Haïti, ainsi qu’il est constaté dans l’acte dressé au susdit Tribunal de paix en date du 13juin 1861, enregistré le quinze du même mois». A la date du 12 août suivant, le président Geffrard et le Ministre de l’Intérieur Aimé Legros, signèrent l’acte de naturalisation du Père Holly conformément à la Loi portent modification à l’article 14 du Code Civil. Ce fut bien naturel que le Père Holly et tous les membres de sa petite colonie se sentirent enorgueillis par l’encourageux accueil dont ils furent l’objet en si hauts lieux. Mais pour les empêcher de s’oublier, en s’exaltant outre mesure, il y avait là l’irrésistible Providence, le dénominateur des princes de ce monde qui, dans toute  sa sagesse, crut devoir les visiter par des tourments et les abreuver de détresse Vraiment, une fièvre destructive fit soudainement irruption au milieu d’eux; et, dans une très courte espace de six mois, la mort avait  impitoyablement fauché quarante trois d’entre les cent  dix-membres de la petite compagnie. Il était arrivé que du nombre des morts était de qui furent ensevelis au cours de cette inexorable épidémie, cinq members de la propre famille du Père Holly, déposés en terre sous le silencieux tombeau. D’une famille composée de huit personnes, dont il était le chef lorsqu’il débarqua à Port-au-Prince le21 mai 1861, dans moins de neuf mois, après son arrivée en Haïti, il ne restait que trois survivants: lui et deux d’entre ses trois fils, Faustin et Augustin, âgés de cinq et trois ans respectivement. Sa femme, ses trois filles et le petit Joseph Geffrard lui furent férocement arrachés par le cruel destin. Mais au milieu même de cette terrible adversité, Dieu se souvint du Rév. Holly et usa miséricorde envers lui par la sainteté de sa correction paternelle. Il pétrit son âme de patience dans les afflictions, et la résignation à sa Sainte Volonté. Dieu le réconforta en imprégnant son esprit du sens de bonté; il fit luire sur lui la lumière de sa protection et lui donna la paix, Cette paix que le monde ne peut donner en faisant ressortir à   sa conception spirituelle que, de même que le dernier survivant des apôtres du Christ qui fut en proie à la «tribulation», quoi que vivant dans le royaume et dans la patience de «Jésus Christ» dans l’Ile Solitaire et dessole de Patmos. Dieu, par sa Divine Providence le visita et l’abreuva de tribulation pour une même fin, dans cette île lointaine et maltraitée de la Mer des Caraïbes. Saint Jean remplissait une Mission par ordre du Seigneur, lorsqu’il écrivit aux Eglises qui avaient dévié de l’intégrité de l’Evangile primitif. Jacques Théodore est venu en Haïti pour rendre témoignage à cet Evangile pur, en prêchant et en pratiquant la parole de Dieu parmi ses congénères haïtiens avec lesquels, désormais il est identifié non seulement comme frère au point de vue de la race, mais comme concitoyen d’une même et unique Patrie. Quand la mort eut mit fin à ses terribles ravages, ceux d’entre les victimes qui recouvrèrent la santé furent en grande partie découragés, et la majorité d’entre eux prirent la résolution de retourner aux Etats Unis. Parmi ces derniers se trouvaient la soeur et la nièce du Rév Holly qui, elles aussi lui faussèrent compagnie. Il n’y eut qu’une vingtaine, les vrais élus qui se décidèrent de ne point se séparer le reste de cette vie, que Dieu leur avait conservée à son service, en rendant témoignage à la Parole de l’Evangile, au milieu d’un peuple avec lequel et «En son nom», ils sont venus se solidariser pour n’en faire qu’un seul corps. L’habitation de Drouillard, où ils se trouvaient encore, avait cessé d’être un lieu attrayant, tant les  souvenirs étaient macabres. L’endroit était particulièrement malsain. Juste en cette conjuncture il arriva qu’un congénère américain, John Hep Burn, depuis longtemps établi à Port-au-Prince, mit gratuitement à la disposition du Révérend Holly une salle spacieuse pour chanter la Messe, moyennant celui-ci consentit à y fixer le centre de son oeuvre missionnaire. Cette offre providentielle fut acceptée avec autant de gratitude que d’empressement; désormais le culte divin fit inaugurer en ville le 24 janvier 1863. La plus grande partie de ce qui subsistait de la petite colonie disloquée, continuait à se loger à drouillard à une lieue de la ville, faute de moyens pécuniaires pour se payer les loyers en ville. Entre temps le Révérend Père Holly voyagea pour les Etats-Unis à l’occasion du Synode de la Convention Générale des Eglises en 1862, laissant après lui ses deux enfants orphelins de mère sous la garde bienveillante et chrétienne d’une de ses fidèles comme gage de retour, et surtout pour donner à tous l’assurance qu’il n’allait pas désister. Cette veuve qui avait pris soin des enfants du Révérend Père Holly devait dans la suite devenir la grand-mère de dix enfants du second lit qu’il eut avec la seule et unique enfant de celle-là, Sarah que celui-ci épousa le 17 février 1863