MESSAGE DE NOEL 2011.

Frères et Sœurs en Christ,

«  Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » (Luc 2 : 14). Ce chant de louange fut entonné par l’armée céleste lors de la nouvelle de la naissance du Sauveur du monde, le Christ Jésus. Ce monde qui attendait avec impatience la venue du Messie qui viendrait le délivrer de toutes ses misères ; de l’esclavage, de l’exploitation, de l’occupation étrangère, au temps du Roi Hérode.

Nous voici aujourd’hui arrivés à la période traditionnelle de la Célébration de la Noël qui tombe chaque année au 25 Décembre. Cette période qui devrait être des moments de joies, de partage, de fraternisation, d’amour et de paix, a perdu depuis de nombreuses années, son éclat particulier. Les cataclysmes naturels, les guerres, le banditisme, la haine, l’égoïsme et autres, assombrissent alors l’ambiance dans laquelle se déroulent les fêtes de fin d’année. Cependant, malgré les turpitudes de l’heure, la noël ne doit pas nous laisser indifférents. La fête de la Nativité nous révèle que nous ne sommes pas seuls dans nos combats pour la vie. Le Créateur qui avait vu les souffrances du peuple d’Israël dans l’ancien temps, est encore actif aujourd’hui et le sera toujours jusqu'à ce que notre délivrance arrive. Depuis quelque 4 dimanches de cela, nous nous préparions pour cette fête. Pendant la saison de l’Avent, nous avions pris la décision de nous approfondir dans la prière, avec des esprits de repentance et de conversion en vue de nous tenir prêts pour le Royaume de Dieu. Nous avons chanté entre autres : « Tenons nos lampes prêtes- chrétiens, préparons-nous. Nous avons chanté aussi, ô viens, Emmanuel ». Nous attendions alors impatiemment cette saison avec ses beaux chants qui donnent l’espoir d’une vie et d’un bonheur sans fin.

 En effet, La Nativité se célèbre essentiellement dans le cœur. Car en son Fils Jésus-Christ, Dieu est venu habiter en nous d’abord, puis parmi nous. Il est venu produire un changement du monde entier certes, mais ce changement doit partir du tréfonds du cœur de chaque individu pour qu’il puisse jaillir sur toute la société, sur tout le monde. La saison de la Noël nous rappelle que nous avons besoin de recevoir Jésus constamment dans notre cœur, qu’Il trouve sa place en nous afin qu’Il demeure en nous et nous en Lui de telle sorte que nos paroles, nos actions, nos comportements reflètent l’amour du père. Le chrétien est celui ou celle qui vit la noël à chaque instant de sa vie dans la pratique de l’amour, un amour qui doit être vécu dans toutes les sphères de l’existence humaine ; dans les foyers, les familles, dans nos relations amicales et professionnelles, dans nos voisinages, dans les rues, partout où il y’a des relations humaines. « Aimez-vous les uns les autres »  c’est ce que Jésus est venu apporter en ce monde, de la façon même dont il était né à Bethleem en toute humilité. Sa vie, son enseignement, ses actes ont été tous empreints d’amour et révèlent la volonté de Dieu de nous sauver dans notre intégralité d’hommes et de femmes crées à son image. C’est dans cet esprit que Paul écrit dans son épitre à Tite : « Mais lorsque se sont manifestés la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour pour les hommes, il nous a sauvés non en vertu d’œuvres que nous aurions accomplies nous-mêmes dans la justice, mais en vertu de sa miséricorde, par le bain de la nouvelle naissance et de la rénovation que produit l’Esprit Saint » (Tite 3 : 4-6).

Ici en Haïti pendant que nous nous approchons du 2eme anniversaire du tremblement de terre, nous avons besoin du sens profond du message de la Noël pour lutter en vue de nous relever de nos situations de souffrances, de misères et du sous-développement. Il faut que l’Esprit Saint qui est dans la Noël, nous empreigne pour mener ensemble la lutte dans un coude à coude fraternel, pour bien gérer nos différences et agir dans le sens du bien commun, dans un esprit de dépassement de soi. Il faut que ceux qui nous gouvernent, comprennent que la vie politique dans un système démocratique est faite de compromis en vue de rechercher le bien-être d’un peuple qui a déjà trop souffert. A la lumière de la Noël, nous plaidons pour que les haïtiens et les haïtiennes arrivent à se nourrir, à s’éduquer, à se vêtir, à se soigner quand ils sont malades, en un mot, pou nou tout viv tankou moune é sé konsa nou va bati yon société de paix, d’amour, de fraternité, d’équité  et de justice. « Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». C’est un passage d’espoir pour ceux qui souffrent dans leur corps, dans leur âme et dans leur esprit. Car le Nom de Jésus est : Emmanuel gran mèt la avèk nou.

Armons-nous donc de courage, de foi et de conviction dans nos luttes pour la vie et grâce à  l’ Esprit de Dieu qui habite en nous, nous remporterons la victoire.

Joyeux Noël 2011, Bonne et heureuse année 2012.

 

 

Mgr. Jean Zaché DURACIN
Evêque du Diocèse