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Homelie de circonstance à l'occasion du jour de Mgr. Jacques Théodore Holly. |
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C’est pour moi un honneur, un plaisir et une grande joie d’être ici aujourd’hui pour célébrer avec vous la vie et le témoignage de Mgr. Jacques Théodore Holly, premier évêque d’Haïti et le premier évêque noir de l’Eglise Episcopale qui est mort en cette dâte il y a 97 ans. Nous sommes heureux surtout parce que nous célébrons aujourd’hui le fait que l’Eglise Episcopale a décidé d’ajouter Mgr. Holly à son hagiographie officielle. Puis-je exprimer ma profonde gratitude à Mgr. Duracin, votre inestimable père en Dieu, pour son aimable invitation. Une invitation qui est pour lui un acte de foi, car la dernière fois que j’ai prêché un sermon en français c’était dans ce même pupitre il y a vingt ans, et je crains que depuis cette date j’ai oublié beaucoup. Pour cette raison, je vous prie de m’excuser mes fautes grammaticales ou même les insultes qui, je vous assure, ne sont pas intentionnelles ! Pourquoi célébrons-nous aujourd’hui cette fête de Jacques Théodore Holly ? Qu’est-ce que Mgr. Holly a fait pour mériter une place dans la liste des saints de l’Eglise Episcopale ? Jacques Théodore Holly était visionnaire. Pendant sa longue vie, il a toujours imaginé que son existence, et l’existence de ses frères et sœurs pourrait être meilleur. Né comme homme libre au début du XIXe siècle quand la plupart des noirs au Etats-Unis était en esclavage, il reconnaît que sa liberté était un don spécial. Mais il était convaincu que la vraie liberté pour les noirs ne pourrait pas se réaliser aux Etats-Unis, où les noirs seraient toujours citoyens de deuxième classe. Il rêvait d’être toujours émigré, devenant citoyen d’une république noire, où les gens de couleur pourraient être au pouvoir, et pour cette raison son rêve c’était d’émigrer en Libérie (en Afrique de l’ouest) ou en Haïti. Haïti, comme vous savez, avait gagné son indépendance de la France en 1804, et le gouvernement américain n’était pas content parce qu’il croyait que cet évènement, la naissance de la première république noire de l’hémisphère occidentale, donnerait de l’inspiration aux noirs américains qui étaient toujours dans les chaînes de l’esclavage. Nous célébrons aussi aujourd’hui la vie d’un pionnier; beaucoup de personnes ont effectivement discuté la possibilité d’émigrer, mais Jacques Théodore Holly était le seul qui a vraiment laissé les environs familiers des Etats-Unis et a déménagé avec sa famille et ses paroissiens de l’Eglise Saint Luc à New Haven, et a fait le voyage en Haïti. Nous célébrons aussi aujourd’hui la vie d’un homme de sacrifice. Arrivant aux rives haïtiennes en 1861, avec quelques douzaines de colonistes de New Haven, il a dû enterrer sa femme, deux de ses enfants et sa mère, victimes tous de la chaleur et des maladies tropicales. Pendant son ministère en Haïti, il a vu de nombreux orages et tempêtes, soit météorologiques, soit politiques. Il a construit l’Eglise mère du diocèse: l’Eglise Sainte Trinité, qui a été par la suite détruite en incendie quatre fois ! Mgr. Holly, comme les travailleurs en Egypte a dû faire les briques sans avoir de la paille. Il n’a jamais reçu du bureau des missions de l’Eglise Episcopale assez d’argent pour les opérations du diocèse haïtien, alors que que ce même bureau avait trouvé assez de fonds pour les autres diocèses missionnaires qui étaient sous la direction des blancs... Mais, il y a une autre similarité entre les deux évangélistes : Philippe et Holly. L’éthiopien était un eunuque, une personne empêchée par la loi de Moïse d’entrer dans le temple, la congrégation des fidèles, à cause de sa condition, c’est-à-dire parce qu’il ne pouvait pas reproduire. Mais Jésus avait changé tout cela ; proclamant que les eunuques seront toujours les bienvenus à la table. Aussi l’homme noir était une espèce d’eunuque, selon Holly, car lui aussi était empêché de participer comme citoyen de première classe dans l’Eglise. Les objections théologiques enlevées, maintenant il ne restait qu’un problème pratique. Mais c’était l’éthiopien lui-même qui a offert une solution. « Voici de l’eau. Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? » Et puis regardez ce qui s’est passé. Philippe, selon saint Luc, a descendu dans l’eau avec le candidat de baptême. Il pouvait choisir de rester debout sur la rive du petit lac, versant l’eau au-dessus de la tête de l’éthiopien. Mais non, saint Luc nous dit que : « Philippe et l’eunuque descendirent tous deux dans l’eau, où le baptême a eu lieu. Tout nu, comme le candidat, il est entré dans le petit lac qui est devenu forte, il s’est identifié avec l’éthiopien, devenant mouillé avec lui, même qu’il était déjà baptisé ! Nous nous réjouissons aujourd’hui que Mgr. Holly est inclus dans le Lesser Feast and Fast. Laissez-moi vous conter une petite histoire, même une parabole. Il y a plus de vingt ans, que j’étais membre de la commission de Mission mondiale de l’Eglise Episcopale. A une réunion à Miami, on a suggéré que l’Eglise publie un livre de petites biographies, avec les histoires de quelques missionnaires choisis. Dans ce livre on aurait des vignettes qui décrivaient la vie de personnes comme Philander Chase, missionnaire à Ohio, Samuel Isaac Joseph Schereschewski, missionnaire en Chine, John Henry Hobart, missionnaire aux champs sauvages de l’Etat de New York. Après cette présentation, moi, j’ai demandé pourquoi tous les missionnaires étaient blancs. Où, j’ai demandé en Jacques Théodore Holly ou Samuel Ferguson de la Libérie, ou Janani Luwum, feu archevêque de l’Ouganda, qui est devenu martyr. On m’a répondu que dans un tel livre, le missionnaire favori de beaucoup de personne ne serait malheureusement pas inclus. Il y a quelques personnes qui, victime de racisme, seraient heureux de laisser l’Eglise qui les ont maltraités. Pas Holly. Il a dit que nous ne devons pas abandonner l’Eglise que nous aimons, parce que c’est la grâce de Dieu qui présente l’Eglise malgré qu’elle possède des administrateurs qui ne sont pas dignes. Rév. Chanoine Alfred T. Lewis |
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