Dimanche 08 avril 2007
  Message Episcopal  
  A l'Occasion du Jour de Pâques
       
 

 

« Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant? Il n’est pas ici. Il est ressuscité ».

Chers amis dans la foi,

C’est avec ces paroles de l’Evangile selon St Luc, 24 :5-6 que nous célébrons cette année la fête de Pâques, la résurrection du Sauveur. Depuis le Mercredi 21 Février dernier l’Eglise était rentrée dans une période de préparation faite de prières intenses, de réflexions spirituelles avec des dispositions de repentance et de conversion, c’était le Carême. Chaque année dans cette circonstance, le peuple de Dieu est exhorté à vivre dans la foi, les différentes étapes de la vie de Jésus Christ qui l’avaient conduit sur le bois du calvaire. Cette année encore, après l’observance de ses 40 jours et 40 nuits passés dans le désert, nous avons célébré comme à l’accoutumée son entrée triomphale à Jérusalem ; les palmes à la main, nous avons chanté en procession le Dimanche 1er Avril dernier, « Hosanna, béni soit celui qui vient au Nom du Seigneur» et nous étions du même coup rentrés dans la phase de ses souffrances et de sa passion pour célébrer sa mort le Vendredi Saint. Aujourd’hui, 8 Avril 2007 si nous chantons dans la joie et l’allégresse, «Alléluia, il est ressuscité» c’est parce que, croyant fermement dans les paroles de l’Evangile nous savons que le Dieu que nous servons est un Dieu vivant. Il n’est pas parmi les morts. Au contraire, en la résurrection de son Fils Jésus Christ il nous ouvre le chemin de la vie, de la paix et du bonheur qui ne finit pas.


En effet, les festivités pascales remontent très loin dans l’antiquité où les Israélites célébraient ce que l’on appelle la Pâque juive. Mais le mot de Pâque dans ses origines hébraïques, latines et grecques, signifie passage. Les Juifs l’observaient pour commémorer leur sortie d’Egypte, de l’esclavage à la terre promise. Et en cette occasion, on immolait un agneau qu’on appelait l’agneau pascal pour la rémission des péchés. Mais avec la mort et la résurrection du Christ, le Fils de Dieu, ce dernier est le véritable agneau pascal qui ôte les péchés du monde. Il est écrit dans Jn 3 :16, « Dieu a tellement aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui, ne périsse point, mais ait la vie éternelle ».

Le 1er jour de la semaine, le 3e jour après la crucifixion, les femmes qui avaient été au tombeau à l’aube, y avaient été avec tout ce qu’elles avaient comme souffrances physiques, morales et spirituelles : incertitudes face à l’avenir, peur, désespoir, désolation, remords, frustrations etc....Mais quand l’ange leur avait dit : « pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? Il n’est pas ici, il est ressuscité », elles ont repris force, confiance et courage parce qu’elles ont reçu la Bonne Nouvelle ; cette nouvelle qui donne vie, espérance et bonheur et c’est ça le salut en Jésus Christ, grâce à sa résurrection le Dimanche de Pâques. Depuis le temps des apôtres, les chrétiens adoptent ce jour comme symbole de la victoire de la vie sur la mort, symbole de la victoire de l’amour sur la haine. C’est ainsi que l’Eglise du Christ, appelée à perpétuer les pâques chrétiennes, c’est à dire à nous faire vivre dans la foi ce passage de l’état de la perdition à l’état de la régénération, met à part le 1er jour de la semaine, le jour de la résurrection du Sauveur, pour la grande célébration de la vie. Justement, nous min-m jodi-a, nou prézan nan legliz la chak dimanche, pour ké min-m si nap viv nan mitan lan mò, mim poun di ké sé nan lavi nou kwè, paské sé chemin sa-a Bondie té tracé ban nou nan pitit li Jezikri. Se sak fè tout aktivité legliz la déroulé autour de la célébrasyon de lavi, ke se soi se nan sevis relijié yo, ké sé soi sé nan ministè sosyal yo.
Le message de la résurrection, tel que les femmes l’avaient reçu, a un double aspect :a) il faut la vivre cette résurrection en soi-même. B) il faut la proclamer aux autres. C’est ce que notre baptême nous commande aujourd’hui. En recevant le message il faut en sentir l’effet ; un effet de changement, de transformation au tréfonds de soi-même. St Paul aurait dit : il faut devenir nouveau, car on meurt au péché avec le Christ pour pouvoir ressusciter avec Lui dans sa gloire. C’est ce que nous proclamons dans la Ste Eucharistie; en communiant à son corps et à son sang précieux nous devenons nouveaux en Lui. Voilà pourquoi, celui ou celle qui est en Christ doit avoir le sentiment de pouvoir vaincre tout ce qui inspire la mort, la peur, le désespoir, l’anxiété. C’est ainsi que malgré la précarité et les souffrances de ce monde, la célébration eucharistique est toujours une occasion de fête, de joie, pas parce que nous ne nous sentons pas concernés par les choses du monde, mais plutôt parce que celui qui a vaincu le monde et ses caprices, vit en nous et nous en Lui. Il nous offre le banquet sacré, pour qu’à chaque fois que nous nous y trouvons, nous vivions sa présence parmi nous et en nous de telle sorte que ce banquet soit la préfiguration de son Royaume éternel. Le but ultime du salut en Jésus Christ est le ciel. Le Fils de Dieu était venu en ce monde pour nous en montrer le chemin. Dans sa vie et son enseignement, il nous a appris que le chemin est long et difficile. C’est d’ailleurs cette image qui nous est donnée dans l’Ancien Testament avec la libération d’Israël quand il est écrit dans la prophétie d’Esaï : « ceux que Yahvé
a libérés reviennent, ils arrivent à Sion avec des cris de joie, un bonheur éternel se lève sur leurs têtes, allégresse et bonheur les accompagnent, plainte et chagrin se sont enfuis (Esai 51 :11) »
Si en ce Mois d’Avril 2007, nous fêtons encore la résurrection du Christ dans des situations de douleurs de toutes sortes où à côté de nos maux endémiques nous assistons à des crimes odieux comme par exemple assassinats des enfants innocents. Ce sont des drames qui nous montrent qu’après 2000 ans de l’ère chrétienne et du sacrifice de la croix, c’est comme si nous étions encore au temps du Roi Hérode. Mais il ne faut pas perdre courage et persévérance dans notre ministère de la proclamation de la parole. Au contraire, il faut qu’à chaque instance de la vie, à chaque situation de l’existence, à chaque siècle, le peuple de Dieu qu’est l’Eglise, trouve sous l’inspiration de l’esprit Saint, les moyens les plus efficaces pour convaincre les plus irréductibles que l’argent, le pouvoir, les biens mal acquis de ce monde, ne procurent pas le bonheur, mais ce sont plutôt l’amour, la sobriété, l’honnêteté, la charité qui feront de nous des immortels. Au début de chaque année, il y’a un complet d’un chant que nous aimons chanter qui dit :
« Enseigne-nous Seigneur que tout est vanité.
Et qu’il n’est rien ici-bas de durable.
Que les grandeurs, les plaisirs, la beauté
Tout passe enfin, et tout est périssable »

Le chrétien ne doit pas avoir peur de la mort quand elle vient naturellement, car elle rentre dans le plan du créateur où tout ce qui existe ici-bas, est passager. C’est pourquoi aussi quand la mort est provoquée par la méchanceté des hommes, c’est contre le dessein du Créateur et cela révolte notre conscience. C’est en ce sens que l’Eglise célèbre et proclame toujours la vie, mais jamais la mort qui est plutôt un passage. Paul nous dit dans son Epitre aux Colossiens 3 : 3-4 : « Car vous êtes morts et votre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu; quand le Christ sera manifesté, lui qui est votre vie alors vous aussi, vous serez manifestés avec lui pleins de gloire ».

Ainsi donc, en ce jour où l’Eglise entière se réjouit dans la célébration de la fête de Pâques, prions pour tous ceux-là qui en ce moment sont dans le deuil, la maladie, la faim, la soif et pour ceux aussi qui sont dans la joie afin qu’un jour tous ensemble nous puissions jouir dès ici-bas jusqu’au Royaume éternel, les bienfaits de la résurrection du Sauveur du monde qui n’est pas parmi les morts qui est vivant.

 

Joyeuses Pâques à vous tous, au Nom du Père, et du Fils et du St Esprit, Amen.

 

Mgr. Jean Zaché DURACIN
Evêque du Diocèse