Dimanche 8 avril 2012
 
Message Episcopal
 
 
A l'Occasion du Jour de Pâques
       

Alléluia, Il est Ressuscité !

Chers frères et sœurs en Christ,

Après quelques 40 jours où les fidèles de l’Eglise s’étaient jetés dans la prière et des réflexions spirituelles intenses, nous voici aujourd’hui présents dans l’Eglise pour chanter dans la joie et l’allégresse, la résurrection du Sauveur. La saison du Carême était portée sur le sens profond de ses souffrances et de sa mort en vue de la régénération du genre humains en nous rachetant de nos péchés. Les chrétiens ont été exhortés à avoir des sentiments de repentance et de conversion pour devenir à chaque instant de leur vie, nouveaux en Lui. En ce sens le Carême nous aura été l’opportunité de reconnaitre encore que nous sommes pécheurs, mais grâce à Jésus-Christ nous ne connaitrons pas la mort éternelle, moyennant la foi.


Justement, notre présence dans l’Eglise en cette occasion solennelle, est pour exprimer notre foi en Lui dans nos prières, nos chants de louanges, nos lectures bibliques. Nous rendons grâces  à Dieu en cette circonstance tout en lui disant que nous avons compris en tant que baptisés, le sens des souffrances, de la mort et de la résurrection de son Fils. La croix qui fut longtemps un symbole de malédiction, est devenue à l’ère chrétienne, notre signe de bénédiction, d’amour, de paix, d’unité, de fraternité et de réconciliation.


Le constat de la résurrection fait par Marie de Magdala, à l’aube du 1er jour de la semaine ( Jn 20), arriva dans un monde d’une Palestine troublée, incertaine, inquiète puisqu’en proie aux situations humiliantes de l’occupation romaine. Le peuple était alors dans la souffrance et attendait inlassablement un Sauveur, un Libérateur, le Messie qui devait venir de la lignée de David selon les prophètes de l’Ancien Testament. L’incompréhension du peuple au sujet de la personne et de la mission de Jésus produisit au printemps de l’année 30 de notre ère, l’événement douloureux du calvaire. Les disciples qui étaient avec Jésus furent quant à eux dans la consternation, abandonnés dans la peur, le chagrin et le désespoir. D’ailleurs Marie de Magdala était elle-même encore dans les pleurs puisqu’à sa rencontre avec le Ressuscité, Il lui dit : « femme pourquoi pleures-tu ? Mais après avoir reconnu le Seigneur, elle alla toute joyeuse, l’annoncer aux disciples, disant : j’ai vu le Seigneur et voila ce qu’Il m’a dit » (Jn 20 :18).


Le message de la résurrection était plus que réjouissante pour les disciples qui reprenaient foi en l’avenir. Le fait par Pierre et Jean de courir vite au tombeau pour constater personnellement qu’il était vide, signifiait déjà pour eux que l’espoir de la vie et d’un lendemain meilleur est rétabli. La victoire de l’amour sur la haine, la méchanceté, l’injustice est manifestée.


 Ainsi donc, avec le Christ vivant, les forces ténébreuses de ce monde sont vaincues, l’empire du Malin est renversé et le Règne de la Lumière et du salut s’offre à tous. Hier soir dans les différentes paroisses , nous avons allumé et béni la bougie pascale qui brillera pendant toute la saison au cours des différents services de l’Eglise jusqu’au jour de la Pentecôte. C’est un signe que grâce à la résurrection, nous sommes sous l’empire de la lumière du Christ. En Lui, la prophétie d’Esaie 25 : 8-9, est accomplie : « Il fera disparaitre la mort pour toujours. Le Seigneur Dieu essuiera les larmes sur tous les visages et dans tout le pays, Il enlèvera la honte de son peuple. Il l’a dit, Lui, le Seigneur on dira ce jour la : c’est Lui notre Dieu. Nous avons espéré en Lui et Il nous délivre. C’est le Seigneur en qui nous avons espéré. Exultons, jubilons puisqu’Il nous sauve. »


Les Pâques chrétiennes qui sont la célébration de la résurrection du Christ sont aussi et surtout la célébration de la vie pour tous ceux qui croient en une vie décente qui doit commencer ici-bas pour trouver sa plénitude dans les cieux. Wi nou bezwen pou profesi Esai ya realize pou Haiti. Car trop trouvent, nos situations d’existence sont extrêmement intenables, il nous faut lutter alors dans la foi et l’espérance pour qu’elles changent et atteignent l’esprit du plan de Dieu pour le salut de l’humanité. Il faut prier et agir pour que grâce à l’esprit de cette résurrection, Haïti retrouve sa splendeur, sa dignité de peuple libre et indépendant ,capable de nourrir, d’entretenir et d’éduquer sa population pour qu’ensemble nous allions de l’avant ; que toutes nos institutions et toutes nos infrastructures qui sont aujourd’hui délabrées, reprennent vie ; que ceux qui nous gouvernent, le font avec éthique, science, compétence et sagesse pour que nous sortions des ornières de ce sous-développement chronique. Que toute la société se réconcilie avec elle-même dans un esprit d’amour, de convivialité, de confiance et de paix pour que nous puissions tous être sauvés dans notre corps, dans notre âme et dans notre esprit. Nous avons besoin de vaincre la faim, la soif, l’insécurité, la nudité, la maladie, l’ignorance pour regagner la vraie image du Créateur qui avait fait de nous, de vrais êtres humains au commencement de la création du monde.


Engageons-nous donc chers amis dans la foi, à vivre et à proclamer la Bonne Nouvelle de la résurrection du Christ en parole, en action et en comportement pour que tout un chacun ait part à la vie.  Faisons comme Marie de Magdala qui, sans délai, avait annoncé la parole aux autres. Prions pour tous ceux qui souffrent dans leur corps, dans leur âme et dans leur esprit pour que eux aussi là où ils puissent se trouver, sente le bienfait de la résurrection du Christ. Prions aussi pour les mourants afin qu’ils trouvent une place au Royaume eternel. Et enfin prions les uns pour les autres et continuons à célébrer ensemble la résurrection du Christ au moins chaque dimanche dans son Eglise et alimentons continuellement notre foi au moyen des sacrements et de la parole de vie. Car grâce aux souffrances, à la mort et à la résurrection du Christ, même quand nous devons passer par la mort, nous vivrons et vivrons en abondance.

 

Joyeuses Pâques à vous tous !

 

Mgr. Jean Zaché DURACIN
Evêque du Diocèse d'Haïti